Lorsqu'il s'agit de courir sur le Circuit des Amériques, Ricky Taylor sait de quoi il parle. Non seulement il fait partie des six pilotes engagés dans le Championnat du Monde d'Endurance FIA (WEC), mais il disputera pour la deuxième fois les deux courses du week-end Lone Star Le Mans. Pour les 6 Heures du Circuit des Amériques, il sera au volant de la Corvette C7.R de Larbre Compétition (catégorie LMGTE Am).
Le Circuit des Amériques (5,516 km) a accueilli le WEC tous les ans depuis 2013 et s'est avéré un ajout très apprécié au calendrier. Le fameux virage 1 en aveugle au sommet d'une montée, les esses particulièrement exigeants, ou encore la grosse zone de freinage qui suit la ligne droite arrière mettent véritablement les qualités de pilotage à l'épreuve.
"C'est bel et bien un défi, il donne l'impression d'être très facile sur le papier mais une fois qu'on pilote sur ce tracé, c'est très technique," confirme Ricky Taylor. "Avec les courbes, les montées et tout le reste, on se retrouve derrière dans les trois autres virages si on fait une erreur dans le premier, alors c'est vraiment gratifiant quand on boucle un tour de ce circuit convenablement. Sur d'autres tracés, on peut trouver disons un virage à 90°, alors on le franchit et c'est terminé. Mais sur le Circuit des Amériques, on en a quatre ou cinq d'affilée.
"Les zones de dégagement sont tellement larges que si on fait une erreur, on peut rester dans le coup. Ce n'est pas comme au Mans ou à Watkins Glen où on se retrouve tout de suite dans le mur. Mais ce n'est pas facile pour autant. Au Circuit des Amériques, il faut adapter son pilotage sur toute la durée d'un tour, ce qui est plutôt intéressant mais pas tout à fait comme ça peut se passer ailleurs. On a du mal à croire qu'il s'agit d'un site conçu par des architectes."
Mais n'oublions pas non plus le facteur météorologique. Quand Ricky Taylor dispute pour la première fois les 6 Heures du Circuit des Amériques en 2014, une pluie diluvienne avait provoqué une interruption de la course au drapeau rouge. Et l'an passé, la chaleur avait grimpé jusqu'à 35 degrés.
En tant que pilote de l'unique Corvette engagée en WEC, le jeune Américain (27 ans) se sent investi d'une certaine responsabilité, et entend bien offrir à domicile un beau spectacle à ses compatriotes. Mais il espère tout de même des températures plus fraîches qui l'aideront à gérer son énergie tout au long des deux courses du week-end Lone Star Le Mans.
"L'an dernier, la chaleur était tellement écrasante qu'on a dû me faire une infiltration avant la course. J'espère qu'il ne fera pas aussi chaud cette année," indique Ricky Taylor. "Mais la Corvette dispose d'un système de climatisation. C'est une bonne chose, ça devrait aider un peu. Mais physiquement et mentalement, ça va être très dur. Je crois que Lone Star Le Mans va représenter un cumul de dix heures de course. Tous les pilotes se plaignent de ne pas passer assez de temps au volant, alors j'ai hâte d'y être !"