Les simulateurs ont fait leur apparition dans les années récentes, et sont souvent utilisés dans le monde du sport automobile, aussi bien pour les entrainements des pilotes, que par les ingénieurs pour les essais de nouvelles pièces dans un environnement très cadré. Tous les constructeurs font désormais appel à ces outils très sophistiqués, comme Porsche par exemple, qui a développé la 919 Hybride LMP1 simultanément sur la piste et dans le monde virtuel.
Les simulateurs impliquent de gros investissements, et plus le système est complexe, plus le coût est élevé. Mais ces outils sont également une alternative pour les pilotes et leur entrainement. Darren Turner, pilote Aston Martin a son propre business en la matière, avec sa société Base Performance, basée non loin de Banbury en Angleterre.
Base Performance détient deux simulateurs, un pour la monoplace et un pour le GT. Chacun d'entre eux offre au pilote la possibilité de s'entrainer sur plus de 90 circuits référencés aujourd'hui dans les bases de données.
Nombreux sont les passionnés de sport automobile qui ont déjà fait leurs preuves sur des X-Box ou sur Playstation, mais un simulateur de course c'est encore autre chose, comme l'explique Darren Turner : "Gran Turismo ou Need for Speed sont tous des jeux vidéo. Ils sont vraiment super, et j'adore y passer du temps... mais ce sont des jeux justement. Un simulateur est bien plus que ça, c'est un vrai outil qui permet de travailler pour apprendre un circuit ou encore pour apprendre à maitriser une technique de pilotage et améliorer sa conduite en course."
"Base Performance est une entreprise qui a tout d'abord été créée pour un de nos clients" explique Darren Turner. "Ce gentleman driver souhaitait un simulateur de course chez lui à Londres, car il estimait perdre trop de temps à l'apprentissage de la piste quand il se rendait sur les courses. C'est comme cela que Base Performance est née, la société a depuis bien évolué. Nous avons désormais un grand nombre de clients qui nous ont acheté des simulateurs tout autour du globe, nous n'avons pas le temps de nous ennuyer ici à Warkworth."
"Quand nous avons débuté, nous faisions avant tout des simulateurs pour la monoplace," poursuit Darren. "Ma propre expérience dans les simulateurs était toute liée à la Formule 1. J'ai eu la chance d'être impliqué avec McLaren, Red Bull et Toyota et j'ai beaucoup appris à leurs côtés, notamment ce qui est vraiment important et ce qui ne l'est pas. Leurs simulateurs mettent l'emphase sur la technologie développée par les ingénieurs et c'est pourquoi ils sont très couteux. Les nôtres en revanche sont tournés vers l'apprentissage du pilotage et la familiarisation avec les circuits."

"Il nous est donc rapidement paru évident, que même si nous avions des clients pour la monoplace, il y avait clairement de quoi développer le GT et toutes les voitures avec un toit. Nous avons donc développé un deuxième type de simulateur basé sur les voitures de Grand Tourisme. Nous avons les monoplaces d'un côté, les GT de l'autre. Le modèle de la voiture importe peu, vous pouvez piloter une monoplace et la régler à 2CV ou faire une Grand Prix avec une GT... Tout dépend des conditions dans lesquelles le pilote souhaite se plonger, mais en général il se sent plus à l'aise dans un environnement GT que monoplace."
"Chaque simulateur a un écran à 180 degrés. Dès que vous prenez place, votre attention se porte sur ce qu'il se passe devant vous, c'est une réelle immersion, surtout en GT puisque vous avez un toit au-dessus de la tête."

Outre le pilotage, les simulateurs sont également souvent utilisés pour découvrir une piste sans bouger de chez soi, c'est une autre bonne raison pour eux de se servir de "Base Performance". "Nous avons actuellement développé 125 circuits différents dans notre base de données", continue Darren Turner. "Les circuits les plus populaires sont d'une grande qualité, mais nous pouvons avoir des demandes de clients pour des petits tracés, peu connus. Pour ceux-ci le développement est moins poussé, mais nous offrons toujours une solution à nos clients. Les détails seront peut-être moins précis, mais le tracé permettra toujours au pilote de travailler son apprentissage."
"Notre base de données est faite pour tous les types de clients, du pilote qui débute à celui qui est aux portes de la Formule 1 ou qui souhaite se préparer pour le LMP1 ou le GT. Nous organisons également des séminaires pour des personnes qui souhaitent tout savoir sur les simulateurs."

Et le patron, est-il souvent au volant de ses simulateurs ? "Pas aussi souvent que j'aimerais l'être" répond Darren Turner. "Mais en réalité c'est une bonne chose, car cela veut dire que nous sommes très occupés. En pleine saison, il nous arrive de travailler sept jours sur sept et 12 à 14 heures par jour. Quand je me mets au volant, c'est que j'ai vraiment des essais de développement à effectuer et qu'il me faut trouver des solutions pour améliorer les systèmes."
Un simulateur peut être un outil d'essais dans le monde virtuel, mais il peut aussi apporter de vrais résultats dans la vraie vie et sur les circuits. Pour plus d'informations www.baseperformance.net