L'un des aspects majeurs de la visite mexicaine du Championnat du Monde d'Endurance FIA (WEC) sera l'impact de l'altitude sur le refroidissement de l'huile et des moteurs. Directeur Technique d'Aston Martin Racing, Dan Sayers explique comment les équipes se préparent pour ce grand saut dans l'inconnu.
L'Autodromo Hermanos Rodriguez est situé à 2230 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui en fait le site le plus élevé du calendrier WEC. Même si les équipes peuvent faire appel à la simulation pour modéliser l'effet de l'air à faible densité, ils n'en mesureront véritablement les effets que le jeudi 1er septembre, lors de la première séance d'essais libres.
Depuis plusieurs mois déjà, Aston Martin Racing a effectué une grosse préparation en vue d'être prêt pour les AT&T 6 Heures de Mexico. Mais, comme l'explique Dan Sayers, il ne s'agira pas seulement de surveiller la puissance.
"De toute évidence, la puissance sera réduite de manière assez significative, mais il sera aussi question du refroidissement du moteur, des freins, de la boîte de vitesses, et également du rafraîchissement pour le confort du pilote. Nous allons donc analyser les températures afin d'essayer d’en réduire les impacts" indique-t-il. "Je suis sûr que nous allons avoir quelques soucis, et qu'il nous faudra ajouter des entrées d'air et des ventilateurs électriques. Il y a aussi d'autres procédés dont nous discutons en réunion de travail.
"On peut anticiper les choses jusqu'à un certain degré, mais nous ne disposons pas de beaucoup de données sur ce circuit. La température des freins est un aspect sur lequel nous avons peu d'informations - nous prévoyons des températures plus élevées, ce qui peut augmenter l'usure des plaquettes - alors il nous faut anticiper la possibilité d'avoir des problèmes et trouver une manière de réduire la température, afin de faire durer les freins tout au long des six heures de course."
Dan Sayers ajoute également qu'il ne s'attend pas à des variations importantes pour les moteurs turbocompressés et atmosphériques de la catégorie LMGTE Pro, mais considère que certaines voitures seront inévitablement plus performantes que d'autres à une telle altitude.
"Les voitures à moteur turbo utiliseront un indice de suralimentation, elles devraient donc subir une perte de puissance identique, mais certaines disposeront d'une capacité de refroidissement supérieure à d'autres," précise-t-il.
"Ca va être assez différent, avec une grosse phase d'apprentissage lors de la première séance d'essais libres afin que tout soit prêt pour les deuxième et troisième séances, et bénéficier ainsi de longues périodes en piste. Si problèmes il y a, ils devraient ainsi apparaître rapidement, mais si vous vous battez toujours contre ces pépins lors de la troisième séance libre, ça va être plutôt compliqué !"