Cette semaine, c'est au tour de Jonny Kane, grande figure de la catégorie LMP2 au sein de l'équipe Strakka Racing, de nous raconter ses passions et ses souvenirs de sport.
Venu d'Irlande du Nord, il court en endurance depuis 2001 et les MG Lola de la catégorie LMP 675 (ancêtre des actuels prototypes LMP2, ndlr). Ses bonnes performances ont permis à ce petit gabarit de se faire remarquer et de faire une belle carrière, avec 12 participations aux 24 Heures du Mans, où il a remporté en 2010 une victoire mémorable en LMP2, au volant de la Honda HPD de Strakka Racing.
Vous souvenez-vous du premier sport que vous ayez pratiqué ?
"Le premier sport dont je me souvienne vraiment est le football. Je devais avoir 10 ans lorsque j'ai joué avec l'équipe de mon école. On m'avait mis au poste de libéro, j'étais donc sur la dernière ligne de défense !"
Vous souvenez-vous de la première fois où vous vous êtes rendu sur un circuit, et de quelle course s'agissait-il ?
"Le premier circuit que j'ai jamais visité était celui de Kirkistown, en Irlande du Nord. Mon père y a couru mais ça devait être environ cinq ans avant ma naissance. La première course à laquelle je me souvienne avoir assisté, c'était lorsque mon père et mon frère m'y avaient emmené, je devais avoir cinq ans. Il y avait des monoplaces de Formule Ford 1600 et de Formule Atlantic, et dans cette catégorie, je me rappelle avoir été impressionné par les Chevron. Il devait y avoir aussi des voitures de série et des voitures de sport, mais à cette époque, pour moi, il n'y avait que la monoplace qui comptait."

Si vous étiez devenu professionnel dans une autre discipline sportive, laquelle auriez-vous choisi ?
"Peut-être le football, mais j'aurais bien aimé être charpentier. Ce n'est pas très sportif, mais c'est un travail manuel. J'ai rénové notre maison, et eu ainsi la chance de me perfectionner en ébénisterie."
Quels grands sportifs admirez-vous en dehors du sport automobile ?
"Mo Farah est un athlète que j'admire beaucoup. Il a connu beaucoup de succès, qu'il a obtenu par son engagement, son travail acharné et son sens du sacrifice. Il a passé de longues heures loin de sa famille et de ses amis pour s'entrainer. Même si nous autres pilotes n'avons pas le planning d'entrainement d'un athlète olympique, je comprends à quel point la famille peut manquer lorsqu'on roule très loin de chez soi, et le sacrifice que cela implique."

Mo Farah aux Jeux Olympiques 2012 - Credit: The Guardian
En dehors d'un circuit automobile, quelle enceinte ou site sportifs aimeriez-vous visiter ?
"J'aimerais beaucoup aller à Melbourne pour l'Open d'Australie. Mais c'est seulement parce que je ne suis jamais allé dans ce pays, et ce serait une bonne raison pour m'y rendre."
Sur quel(s) circuit(s) ne figurant pas au calendrier WEC auriez-vous le plus envie de piloter votre Gibson 015S ?
"C'est un circuit sur lequel je n'ai jamais roulé, même si j'ai passé deux ans en Indy Lights (formule de promotion monoplace aux Etats-Unis, ndlr) : celui de Road America, près d'Elkhart Lake. A la télévision, il a l'air fantastique, rapide, avec beaucoup de dénivellation. Je pense que ce serait super de faire une course là-bas."
Si vous deviez partager le cockpit de la Gibson de Strakka Racing avec deux légendes de l'histoire du sport automobile, de qui s'agirait-il ?
"Je sais que mon équipier Lewis Williamson vient d'Ecosse, alors j'irais chercher du côté de l'Irlande du Nord. Je choisirais John Watson, qui a gagné cinq victoires en Formule 1, et Jonathan McGall. Ce dernier était vraiment rapide en Formule Ford 1600, puis lorsqu'il est passé en Formule 3 et en Vauxhall Lotus. Dans ces disciplines, c'était un pilote très talentueux à la fin des années 1980 et au début des années 1990."
Etes-vous déjà allé en tant que spectateur sur des courses d'endurance, et si oui, quel souvenir en gardez-vous ?
"Je ne suis jamais vraiment allé sur des courses d'endurance, mais je garde un souvenir fabuleux des 1000 km de Bathurst à la télévision, avec les Jaguar et les Rover de TWR qui se battaient contre les BMW 635 CSI. Par la suite, il y a eu les Nissan Skyline et les Ford Sierra Cosworth de Dick Johnson et Tony Longhurst. Ces courses ont l'air d'être de sacrés défis, et j'adorerais courir sur ce circuit qui, à l'instar de Road America, propose des portions très rapides et de grosses dénivellations."