Après leur podium au terme de la manche d’ouverture 2015 sur le circuit de Silverstone, les pilotes AF Corse Davide Rigon et James Calado ont pris la deuxième place de leur catégorie aux 24 Heures du Mans. Avec Olivier Beretta, ils étaient les mieux placés parmi les concurrents inscrits en LMGTE Pro en WEC. Après trois épreuves de la Coupe du Monde d’Endurance GTE du Championnat du Monde d’Endurance, le tandem pointe désormais à quatre points de Gianmaria Bruni et Toni Vilander, leurs partenaires chez Ferrari.
Nous avons échangé avec le duo anglo-italien, qui revient sur sa belle opération au Mans et se projette sur la fin de saison.
Q: Avec votre bonne performance au Mans, vous avez marqué le maximum de points en WEC pour AF Corse et Ferrari dans la catégorie LMGTE Pro. Néanmoins, ne pas finir sur la plus haute marche était-il une déception ou la Corvette était-elle trop forte ?
James Calado (JC) : Pour commencer, terminer deuxième et troisième est un excellent résultat. Nous avons réalisé le score maximal pour l’écurie. Je ne pense pas que nous puissions en être déçus. Évidemment, s’imposer au Mans est toujours spécial et nous avons montré que nous disposions de la vitesse, de la régularité et du sérieux nécessaire pour y parvenir. Hélas, les deux Ferrari ont eu des soucis de fiabilité hors de notre contrôle. Vous ne pouvez jamais dire « et si ? », surtout au Mans, mais je vais encore plus travailler pour m’améliorer et espérer obtenir ce que nous désirons vraiment à l’avenir.
Davide Rigon (DR) : Exact, il s’agit pour nous d’un bon résultat, mais nous devons aussi considérer les ennuis de notre voiture. Sans cela, nous aurions été très proches de la Corvette, voire devant. Notre rythme dans la dernière partie de la course était supérieur et j’estime que nous avons montré notre potentiel.

Q: Pour 2015, Ferrari vise un quatrième titre des constructeurs en GTE. Avec le coefficient deux au Mans, portant votre résultat à 50 au lieu de 25 normalement, à quel point était-ce capital de bien figurer au Mans parmi les engagés en WEC ?
JC : Je pense que la réponse est dans la question. Le Mans offre le double de points et c’est extrêmement important pour le championnat. Nous avons appris en 2014 qu’il était vital de rallier l’arrivée. Marquer un maximum était l’objectif. Nous l’avons accompli et nous devons désormais poursuivre nos efforts pour augmenter l’écart. Nous ne devons pas oublier qu’il reste cinq épreuves au programme. Cela fait 130 points en jeu. J’ai confiance en mon partenaire Davide et en ceux qui travaillent pour nous. Nous disposons de bons atouts pour remporter le titre mondial.
DR : C’était évidemment fantastique pour James, Olivier, toute l’équipe AF Corse, Ferrari et moi-même. Nous avions énormément préparé cette course. Il en reste beaucoup à disputer et le niveau de nos rivaux est très élevé. Nous devons attaquer très fort sur les prochaines courses et tenter de gagner l’une des prochaines épreuves, ce qui serait notre première dans cette catégorie.
Q: En 2016, Ford revient en constructeur officiel, cinquante ans après les batailles épiques entre le constructeur américain et Ferrari. Avez-vous fait un tour pour admirer la Ford GT durant votre passage au Mans et que vous évoque le retour de Ford en Endurance ?
JC : C’est super de voir de nouveaux constructeurs rejoindre le championnat. Ford a une longue histoire, tout comme nos concurrents, et leur retour est génial. Leur voiture a un look unique et j’estime qu’ils auront une équipe forte dès 2016. Bien sûr, je reste le plus grand fan de Ferrari et nous développons actuellement notre nouvelle 488 GTB. C’est un tout nouveau projet pour Ferrari, qui renoue avec le turbo. Je suis convaincu qu’elle sera d’entrée plus rapide que notre 458 et c’est très excitant.
DR : Honnêtement, je pense exactement pareil. C’est une bonne chose qu’un tel constructeur nous affronte. Nous sommes heureux de relever chaque défi, et le but est invariablement le même : nous voulons gagner.Nous avons également un challenge en interne avec la future 488 GTB, qui débutera en GTE (et GT3) l’an prochain. Il y a beaucoup de travail à faire, mais c’est génial de faire partie d’un projet complètement neuf dans lequel on retrouve les moteurs turbo.
Q: La prochaine manche est au Nürburgring, fin août, une nouveauté au calendrier du WEC. À quand y remonte votre dernière prestation et que pensez-vous du tracé ? Ferrari parviendra-t-elle à contenir les attaques d’Aston Martin et de Porsche ?
JC : Ce seront les 6 Heures du Nürburgring. C’est un circuit que Davide et moi connaissons bien. La dernière fois, j’étais en GP2 en 2013 et j’avais fini deuxième à deux reprises. Cette piste tend à avoir peu de grip, mais aussi certaines courbes très difficiles, notamment dans le deuxième secteur.
DR : Ma dernière visite au Ring date d’il y a deux ans, sur une Ferrari GT, et je l’aime vraiment ! Comme d’habitude, nous serons très proches d’Aston et Porsche, mais nous voulons vraiment nous imposer.
Q: À long terme, quelle est votre destination préférée parmi les quatre sur lesquelles le WEC se rendra ?
JC : S’il y a une course dont j’ai hâte d’y être, c’est Fuji. Le circuit est fantastique. Pas seulement les virages, mais également le lieu. Les spectateurs sont géniaux et extrêmement passionnés. J’y ai vu beaucoup de fans de Ferrari l’an passé ! L’objectif sera de faire mieux qu’en 2014 et de jouer la victoire.
DR : Je préfère Bahreïn, puis je citerais Austin. Deux belles pistes pour piloter, avec un climat généralement très agréable.